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750 Laverda est une très bonne machine, très fiable, qui a révolutionné
le monde des gros vertical-twins. Par rapport aux anglaises de l'époque,
on a conservé le calage à 360° ( gage de caractère) mais
on a rendu le moteur infiniment plus moderne: Arbre à câmes en tête,
allumage et système de charge (dynamo) performants, démarreur de
série, carter unique moteur-boîte de vitesses à plan de joint
horizontal, etc... En outre, toutes les pièces sont largement dimensionnées,
ce qui a rendu ces motos très fiables. Très naturellement, ces motos
ont été engagées en courses d'endurance où elles se
sont remarquablement illustrées au début des années 70. On
continue de rencontrer sur les routes des 750 Laverda qui ont des kilométrages
parfois impressionnants sans avoir forcément subi de nombreuses réfections.
C'est une machine fidèle (mon ami David Fickling appelle sa vieille
GT "Old Faithfull" car, dit-il, cette machine de plus de 30 ans l'amène
"toujours là où il veut quand il le veut"...) qui n'a
finalement que peu de points à surveiller: Le
roulement à billes gauche de vilebrequin, incriminé sur les premières
séries, n'est pas forcément un problème même s'il a
avantage à être remplaçé par un roulement à
rouleaux lors d'une réfection-moteur: Je connais des très anciennes
750 qui continuent de rouler sans problème avec ces roulements à
billes.
Il y a eu quelques problèmes isolés d'usure excessives
d'arbres à câmes, mais la proportion par rapport au nombre de machines
produites est infime.
Il y a eu quelques cadres fissurés au niveau
des fixations arrière du moteur, mais cela est dû le plus souvent
(usage routier) à un mauvais serrage de ces fixations. |
En
revanche, l'état du frein avant et des garnitures des modèles à
tambours doit être surveillé: Le frein, correct dans l'absolu, devient
franchement mauvais s'il est mal réglé ou s'il est équipé
de certaines garnitures trop dures que l'on trouve en refabrication.
La 750 Laverda existe en plusieurs versions: La GT, à vocation tourisme,
la S, typée sport et la SF, tout d'abord distribuée avec le moteur
de la S (petites soupapes, petits carburateurs de 30 mm, fort taux de compression),
puis (1973) avec un moteur dont on peut dire qu'il est un moteur de SFC dégonflé,
avec carbus de 36 mm à pompes de reprise, grosses soupapes et vilebrequin
allégé. Avec cette deuxième version apparaît en
1974 les double-freins à disques AV (SF2), puis un habillage emprunté
à la 1000 3CL (SF3).
Enfin, il faut citer l'American Eagle, premières
750 Laverda à être commercialisées aux USA dès le début
de la production et les 750 GTL (roues rayons, moteur type GT, cadre estampillé
"SF3") qui a été conçue pour la Police du Koweït
jusqu'en 1978, les derniers numéros de série de la 750 Laverda se
situant dans les 19700. On trouve à mon avis autant de plaisir
avec les anciens moteurs qu'avec les nouveaux, mais ceux-ci ont l'avantage de
pouvoir être facilement préparés, car on peut adapter certaines
pièces spécifiques SFC, comme les arbres à câmes 5C
ou 6C. |