La 750 Laverda en compétition

La course a toujours eu une importance particulière pour Laverda. A ce titre, il est intéressant de noter qu'autant les 650/750 bicylindre que
la 1000 trois-cylindres ont couru avant même que le premier modèle de série ne sorte de l'usine...

Ainsi, la 650 Laverda remportait dans sa classe (classe "D") le Tour d'Italie, course d'endurance s'étant déroulée du 28 Avril au 05 Mai 1968,
alors même que la première 650 ne sortait de l'usine que quelques jours plus tard, le 16 Mai 1968.
Même chose pour la 1000, qui terminait 1ère au Trophée Steiermark en Juin 1972 alors que la première 1000 de série ne sortait d'usine que le 30 Juillet 1972...

En fait, c'était une façon de promouvoir le produit de la meilleure manière qui soit vis-à-vis du grand public mais aussi de tester la fiabilité des machines en conditions réelles.

La première apparition en course du bicylindre Laverda date donc du Tour D'Italie 1968. Quatre 650 furent engagées, prises parmi les toutes premières grosses bicylindres à attendre à l'usine leur commercialisation. Le résultat fut inespéré pour une moto qui n'était pas encore officiellement produite: La 650 pilotée par Edoardo Dossena remporta cette course dans la catégorie "D" et trois de ces 650 se classaient dans les six premières places!

Laverda avait ainsi l'assurance de la fiabilité et des performances de ses machines et le public fut enthousiasmé par ce résultat alors que les premières publicités de la commercialisation de la 650 apparaissaient dans les magazines spécialisés... L'usine travailla alors à la préparation de machines spécialement destinées aux courses officielles d'endurance de 1969. Elles bénéficièrent naturellement de l'augmentation de la cylindrée à 750 cm3, d'échappements sport, puis d'un équipement plus approprié à la course: carénage de tête de fourche, selle monoplace. Il s'agissait en fait de modèles "750 S" de la gamme, préparées pour la course.

En 1969, cependant, l'usine aux structures très réduites était très occupée à la commercialisation des nouvelles motos et elle ne s'impliqua en compétition internationale qu'aux 24 H d'Oss en Hollande.
Les trois Laverda engagées menèrent largement la course durant les 10 premières heures mais elles eurent toutes les trois dans la nuit des problèmes de pistons perçés. A un moment, deux motos furent arrétées en même temps au stand. Les mécaniciens n'étaient pas encore totalement rodés aux grandes compétitions et les deux motos ne purent être réparées en même temps.

C'est la moto pilotée par Massimo Laverda lui-même et Augusto Brettoni qui sortit la première des stands et put finir la course à une honorable 4ème place.
  

En 1970, l'usine décida de frapper fort, de préparer des machines de course sur la base de son nouveau modèle 750 "SF" et surtout de participer à la plupart des grandes courses d'endurance. A noter que le "Super Frein" ayant donné son nom à la "SF" fut souvent remplaçé en course par le Ceriani 4 cames...

La première course se déroula à Monza, les Laverda terminèrent 1ère et 3ème, aux mains des pilotes Italiens Brettoni/Angiolini et Dall'ara/Dossena. Les motos étaient d'aspect assez proche de la série, avec réservoirs en acier type premières SF, et pas de carénage (en revanche, les phares/plaque de numéro étaient rehaussés par inversion des pattes de phare afin de protéger un peu les pilotes).

Puis ce fut la victoire absolue aux 24 H d'Oss avec les 1ère (Brettoni/Dossena), 2ème (Hutten/Van der Wal) et 3ème places (De Laat/Somers). Les motos avaient un équipement plus "course", avec réservoir polyester et carénage.

Enfin, au Bol d'Or à Monthléry, les Laverda terminèrent 3ème (Brettoni/Angiolini), 6ème (Dossena/Auzard) et 27ème (Appietto/?), cette dernière étant retardée par un ennui de fuite à la culasse.

1971 fut la meilleure année pour Laverda, la plupart des courses étant remportées haut la main par l'écurie Italienne. Les motos furent des SF pour la première course en Avril à Imola (bien que bénéficiant déjà des spécifications type SFC) puis des SFC à partir du mois de Mai, quoique des modèles hybrides (moteur SFC, équipement SF) furent utilisés en cours d'année, notamment à Modena en Septembre.

La fiabilité des machines était remarquable malgré l'augmentation de puissance obtenue avec la nouvelle culasse type SFC. Les dessins d'échappement, ayant posés problème par le passé, étaient notamment particulièrement étudiés.

  

Les résultats sont impressionnants: 1er et 2ème à Imola, 1er et 2ème à Zeltweg, 1er et 4ème aux 24 H d'Oss, 1er, 3ème et 4ème aux 24 H de Barcelone, 2ème et 14ème au Bol d'Or, 1er et 2ème à Modena, 1er à Vallelunga! Les pilotes étaient Brettoni, Angiolini, Hutten, Cretti, Wittich, Loigo, Bertorello, Trebetti, Holtkamp, Borel, Schreyer, Jongetjes, Hertsens, autant de noms prestigieux qui participèrent au succès des 750 Laverda en course.

L'usine partait donc confiante pour 1972, ce qui sembla se confirmer avec la victoire à Monza, en Avril, de la SFC de Gallina/Pescucci. Mais les 24 H d'Oss se passèrent moins bien, après l'abandon de deux motos sur trois (problèmes de pistons perçés) et une 11ème place seulement pour la dernière restante. Aux 24 H de Barcelone, la moto de Brettoni/Pescucci mena la course mais chûta et abandonna. Les trois Laverda restantes finirent 2ème, 4ème et 6ème, après de multiples petits problèmes dont deux chûtes.
Les 6 H de Zandvoort mirent un coup d'arrêt à l'enthousiasme de Laverda: Les deux motos chûtèrent et le pilote Ron Wittich se tua dans l'accident.


Le Bol d'Or se solda par un échec, puisque les Laverda abandonnèrent (chûte et problème de soupape).
Il ne restait plus que la course de Modena pour sauver l'honneur et, heureusement, les Laverda y finirent 1ère, 2ème et 4ème.
Les résultats en demi-teinte de 1972 commençaient donc à montrer à Laverda qu'une nouvelle machine plus performante devait remplacer au plus tôt la SFC vieillissante.

  
Mais l'usine préféra, parallèlement au développement de la 1000 3 cylindres, préparer encore d'avantage la SFC et repoussa encore cette préparation dans ses derniers retranchements. La fiabilité des machines s'en ressentit évidemment.

Avec 1973 arrivait aussi deux échéances majeures pour Laverda: La commercialisation de la 1000 3 cylindres, avec notamment l'exportation tous azimuths et les premiers problèmes à règler avec l'allumage perfectible Bosch, et le changement d'usine à Breganze, ce qui gêna encore plus l'usine dans le soutien qu'elle devait donner à ses machines de course.

Les résultats s'en ressentirent puisque, tout au long de la saison, les résultats furent médiocres et les moteurs cassaient très facilement. Seuls les résultats des mille Miglia d'Imola étaient meilleurs, bien qu'insuffisants. En fait la SFC 1973 était une bonne machine, qui aurait pu être fiabilisée si l'usine avait été dégagée de ses problèmes de délocalisation, mais il était clair qu'elle arrivait en fin de développement.
L'usine décida alors d'arréter la participation officielle en course de la 750 Laverda et de se consacrer désormais à la 1000 3 cylindres. Des 750 Laverda coururent encore de 1974 à 1976, pilotées par des pilotes privés, comme par exemple dans les "formules 750" ou même au Bol d'Or
grâce à l'importateur Français.

L'histoire de la 750 Laverda en course est passionnante: Avec des moyens limités, l'usine a vaillamment combattu les grandes usines Japonaises
aux budgets illimités, en remportant de très nombreuses courses et même en dominant outrageusement les courses d'endurance au début des Seventies.

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